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Liprochon blog

Ramène sa fraise, à Bahrain!!!
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Non Tchep, ce n'est pas parce que dans Bahrain il y a le mot "Bar" que c'est un pays d'alcooliques...
Oct. 25
Tchepwrote:

Bon alors on se la coule douce au pays des acolos!! Mais va falloir penser à changer ton surnom Et à me ramener un petit baril..
Oct. 16
Tchepwrote:

Salut
Oct. 16
Charlouzewrote:
Tu dois bien te faire chier pour avoir un blog aussi super... Cependant je suis fan des photos - Le cliche ´bus a l´abandon´ est dors et déjà mon nouveau fond d´écran. Drôle de pays dans lequel tu évolues on dirait – j´adorerai y faire un tour ! Bon vent du désert Abrazo Mexicano hermano mio Charles
Oct. 10
miguelitowrote:
boum le concert d'apeyron avec bcp plus de photos
Sept. 30

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November 10

Plongée en épave

Toujours en quête de quelque chose à faire sur mon caillou, j'ai entrepris de m'initier à la plongée… Rendez-vous a donc été fixé ce vendredi matin pour prendre la mer, entre amis. Sur le bateau, des sourires complices, tout le monde en est au même niveau d'expérience, pas loin de zéro.

 Nous partons confiant même si les augures ne sont pas très bons. Le vent s'est levé cette nuit et notre instructeur n'est pas très disposé à prendre la mer dans ces conditions.

Le départ se fait quand même, dans l'allégresse. Tout le monde est soulagé de pouvoir prendre la mer et de ne pas se confronter à l'échec d'un retour anticipé sur Manama.

Les premiers miles, la mer est calme et tout va pour le mieux, on discute, on étale sa longue expérience de marin, on se dit que des mers comme ça, on en a affronté d'autre…

Il existe une grosse différence entre naviguer sur une mer un peu agitée et jeter l'ancre dans cette même mer. Lorsque nous arrivons sur le lieu de notre immersion, la tempête déferle et notre coquille de noix est ballottée de tous bords. Les vagues, telles des murailles d'écume, se brisent sur les flancs du bateau, commençant à nous faire regretter notre petite aventure.

Bon, d'accord, des vagues de un mètre de hauteur et un vent à 30 km heure, ce n'est pas à proprement parler une tempête, mais bon, il n'est pas interdit de romancer un peu pour rendre la scène plus épique… Et puis, je tiens à ajouter que pour une première plongée, cela n'aide pas à mettre en confiance!

Il faut donc s'équiper, enfiler le lourd gilet et mettre les palmes pour se préparer à affronter les fonds marins. Je vous passe les détails, ce n'est pas la phase la plus passionnante, pas de concentration d'avant la plongée, juste un gros bordel où tout le monde cherche ses affaires en essayant de ne pas tomber les uns sur les autres.

L'immersion est magique, nous descendons paisiblement, laissant l'immensité nous engloutir. J'ai le regard rivé à la surface car les vagues sont irisées de lumière et c'est un spectacle merveilleux. Les bulles d'air remontent doucement, sensation nouvelle de pouvoir respirer sous l'eau, de les sentir remonter le long de son dos lorsque l'on veut descendre plus bas. C'est là-bas, tout en bas, que se joue la scène, près du fond reposent les poissons.

Nous nous suivons les uns les autres jusqu'à ce que se profile l'ombre métallique d'une proue. Un navire gît éventré sur le fond et donne le signal du début de l'exploration. Les mouvements rythmés par mon régulateur, mon esprit vagabonde. Quand et comment ce navire a fait naufrage, d'où pouvait-il venir et que faisaient les membres de l'équipage au moment fatidique. Nous faisons face à un drame.

Des poissons sont comme figés dans le temps, ils lévitent au dessus du sol jusqu'à ce qu'un plongeur maladroit les dérange. Ils fuient alors et le regard a peine à suivre leurs mouvements. Ici bas, nous sommes hors du temps.

La plongée s'achève bientôt et nous retournons au tumulte de la surface. Le contraste est saisissant et les visages de mes camarades se transforment. Bientôt leur mal être viendra nourrir la faune marine.

La seconde plongée est plus belle encore. Je regarde mes camarades jouer comme des enfants, heureux de cette liberté nouvelle qu'ils ont acquis en quittant la terre ferme. Une amie a attrapé ses palmes et tourne sur elle-même, la tête à l'envers et de la malice plein les yeux. Nous parlons par signe un langage limité mais il n'y a pas beaucoup plus à dire. Le décor est pittoresque: un géant de métal ayant succombé aux assauts de la mer, des plongeurs dans le ciel et une voûte céleste mouvante de lumière. Je vole un peu sur le dos pour profiter du spectacle. Je reviendrais la semaine prochaine!

September 23

La jeunesse a raison

L'insomnie aidant, me voilà face à ma machine afin de vous conter quelques moments de vie dans l'archipel. La ville s'étale sous ma fenêtre, le tabac étale ses volutes dans la pièce et je ne peux m'empêcher de sourire en pensant à la singulière découverte qu'il m'a été donné de faire.

Il y a de cela quelques jours, l'ennui m'a poussé sur les berges où j'avais repéré le cadavre d'un bateau. Je suis donc parti prendre quelques clichés du monstre avec les lumières de la ville comme décor. L'épave négligemment posée dans une sorte de crique repose sur une étendue de sable qui, à la nuit tombée fait office de parking. Je découvrais donc avec une pointe d'agacement les nombreux véhicules qui occupaient mon terrain de jeu.

Les voitures étaient donc là, ruinant mes espoirs... Je m'escrimais néanmoins sur ma boite à image afin de ne pas avoir la sensation de n'avoir, une fois de plus, rien fait de ma soirée. C'est alors que j'ai compris. Dans chaque véhicule se trouvait des couples, protégés par la condensation du regard de la société. Les jeunes gens se retrouvent à la nuit tombée sur ce terrain vague afin de consommer leur amour loin de leurs familles et loin du monde.

J'ai eu une pensée pour leurs parents, j'ai imaginé leurs regards outrés si ils avaient vent de l'affaire et j'ai pensé qu'en d'autres temps, peut être au même endroit ils avaient aussi consumé leur jeunesse de la même façon.

  
September 09

Le Ramadan va commencer

Mercredi, commence le Ramadan et c'est pour moi la première fois que je me trouve en terre d'islam à cette période. Ce mois particulier de l'année est l'occasion pour les musulmans d'éprouver leur foi et de se concentrer sur les choses essentielles de la vie.

Eu égard à l'alcool, les expatriés éprouvent aussi leur foie car durant le mois saint, l'unique échoppe qui propose les boissons défendues est fermé. Il faut donc voir la cohorte des étrangers, les bras lourds de bouteilles, charger le coffre de leurs voitures pour pouvoir s'adonner dans l'intimité de leur maison au vice prohibé.

De l'aurore jusqu'au crépuscule il sera bientôt interdit de manger, de boire et de fumer. Les restaurants sont donc fermés pendant le Ramadan et n'ouvrent qu'à la nuit tombée pour la rupture du jeûne. C'est donc une véritable épreuve pour tous les fidèles car l'interdit qui concerne l'eau peut rapidement se transformer en supplice sous le soleil implacable de l'archipel.

Je songe alors à tous les ouvriers du bâtiment que j'aperçois de ma fenêtre. Ces gens venus de l'Inde ou du Pakistan voisin sont pour beaucoup musulmans et devront assumer leur pénible labeur avec cette contrainte supplémentaire.

Les horaires de travail sont néanmoins allégés car il n'est pas humainement possible de travailler normalement dans ces conditions. A l'époque du prophète, les grandes entreprises comme les études de productivité n'existaient pas…

Pour moi qui suis athée, Bahrayn reste néanmoins le pays du golfe où la vie est la plus facile pendant cette période. Nul n'est autorisé à briser les interdits dans la rue, mais lorsque l'on se fait surprendre une bouteille d'eau ou une cigarette à la bouche, un regard courroucé suffit à vous rappeler à l'ordre. Il est des pays où la douleur d'un coup de bâton vous rappelle plus surement votre condition d'infidèle.

Le Ramadan commence mercredi et j'espère être invité dans des familles bahreïnis afin de pouvoir goûter à l'aspect festif de la rupture du jeûne…

August 25

Les femmes à Bahrain

Laissez moi vous parler des femmes à Bahrain…

 
Les seules femmes qu'il m'est permis de côtoyer ici, sont mes collègues de travail. Si il est normal dans une société patriarcale qu'un homme travaille, les femmes ont souvent d'autres motifs. En effet, l'émancipation n'est possible pour elles que sur les locaux de l'entreprise. On croise dans les couloirs des femmes de tous âges en tenue décontractées. Un foulard couvre les cheveux et rappelle à l'Européen que je suis, que nous sommes en terre d'Islam.

 Le discours de ces femmes est étonnamment libre. Autour d'un café on discute sans gène et sur un pied d'égalité. De quoi faire voler en éclat bien des préjugés que j'entretenais sur la soumission des femmes dans les pays du golfe. Rares sont les employées à porter l'Abaya, cette robe informe de soie noire que vient compléter un foulard pour cacher les cheveux, voire le visage. Les hommes sont traditionnellement vêtus de manière similaire, d'une robe ample et blanche, une pièce de tissu léger recouvrant les cheveux.

 Le fait est que le soleil est ici un ennemi. Ses rayons ardents tourmentent les esprits et il devient rapidement pénible de cheminer à l'air libre comme on le ferait en Europe. La peau découverte devient vite douloureuse au contact de la lumière et il est préférable de vivre dans l'obscurité. Ainsi, l'austère code vestimentaire des deux sexes vient moins d'un impératif religieux que de la sagesse d'un peuple face aux réalités de son climat.

 Telles étaient mes réflexions avant de découvrir plus en profondeur la capitale du Bahrain.

 En se perdant dans les ruelles et en flânant dans les grands centres commerciaux de la capitale, le pays offre un autre visage. Si l'Abaya est stricte, elle autorise néanmoins une certaine frivolité dans la coupe et les ornements. Mais ceci reste valable dans le quartier diplomatique où je vis actuellement.

 Dans les autres quartiers de la capitale on ne voit pas ou peu de femmes. Celles qui sortent sont généralement couvertes de sorte qu'on ne puisse rien voir d'elles, à peine un regard. Les mains gantées, le visage voilé sous une mousseline noire elles évoluent dans la ville en groupe. Il ne serait pas convenable qu'une jeune fille sorte seule dans la ville. De même, à la plage, les femmes ne peuvent pas se baigner à moins de conserver l'Abaya…

 Pour résumer, si une femme ne travaille pas, elle est plus ou moins condamnée à mourir d'ennui chez elle dans l'attente du week end où enfin, elle pourra aller au centre commercial!

 Comment les hommes justifient-ils cela? Je brûle de poser des questions aux Bahrainis que je fréquente.

 La semaine passée, je discutais de la polygamie avec un jeune Saoudien. Il m'affirmait être contre car selon lui il est écrit dans le Coran que l'homme polygame doit traiter ses épouses sur un pied d'égalité. Ainsi, si le mari fait un enfant à l'une de ses épouses, il devra en faire un à toutes les autres, par souci d'équité. Afin de ne pas faire offense à Allah, ce jeune homme préférait rester monogame craignant autant la colère divine que les contraintes financières d'une famille nombreuse. Ce n'est pas la réponse que j'attendais, mais bon…

 Je pense que je reviendrais sur ce thème de la condition féminine dans les prochains articles. J'attends de faire un petit tour dans les autres pays du Golfe.

Tout ceci est par ailleurs uniquement valable pour les femmes bahrainis ou du golfe. Les innombrables Indiennes ou Philippines qui constituent la masse ouvrière du pays ne sont pas concernées par ces règles. Elles ont théoriquement leur liberté de mouvement et peuvent se vêtir comme bon leur semble si ce n'est les salaires dérisoires qui leur sont versés…qui limitent leurs libertés.

August 11

perdu à Bahrain

Bonjour à tous,

 

Ce week end, j'ai décidé de ne pas faire la moule comme la semaine passée. C'est donc au volant d'une voiture de location que je me suis enfoncé dans l'arrière pays Bahraini. Bahrain n'est pas bien vaste mais offre beaucoup de surprises... Partout on peut y voir la main de l'homme, celle qui défonce tout.

 

Si la capitale du pays est une merveille de futurisme pour ce qui est du quartier diplomatique, le reste du pays évoque le tiers-monde... Tout est dévasté! D'énormes complexes pétroliers ont fleuri au petit bonheur la chance dans un désert de pierre et les oléoducs surchauffés s'entrecroisent de manière aléatoire. Bref, on évolue ici dans le décor de Mad Max. Plus on s'enfonce dans le sud et plus on rencontre des pompes à pétroles oubliées qui finissent de rouiller aux quatre vent, des carcasses de voitures et des routes désertées où le sable reprend ses droits. A côté des rafineries, des poissons morts sur la plage et de vastes étendues où le sable s'est mélé à l'essence pour donner naissance à une boue photogénique mais qui respire la mort. Un enfer sur terre pour amoureux de catastrophes post industrielles.

 

Quand on vient du Bassin Houiller de Decazeville on ne peut qu'être touché par un tel spectacle...

 

La population de la capitale est principalement constituée de vagues d'immigrants indiens et pakistanais, les bahrainis se sont réfugiés dans les terres. C'est un peuple affable mais qui semble aimer préserver certains secrets. Je me suis perdu dans un lieu étrange aux murs tagués d'inscriptions en arabe et de portraits de mollahs. Au vent flottaient des drapeaux gris qui restent pour moi un mystère. Je me suis fait accompagner dans tous mes mouvements par un vieil homme du village qui m'a gentilment ramené jusqu'à ma voiture. Aucune violence dans ses gestes ni dans ses mots, juste la sensation étrange que je n'avais pas à me trouver là et qu'il fallait que je parte.

 

Je ne suis pas ici depuis longtemps, le pays n'offre pas énormément de loisir, mais son peuple singulier m'attire et je pense que je vais me plaire ici… Reste à déchiffrer cette langue!

 
A+